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Mythes et légendes
“Il y a une gravité,
une mélancolie propres à
cette contrée. L’indécision de la lumière, la fréquence des brouillards (…), la plainte du vent (…), tout concourt à favoriser le penchant inné de
l’imagination bretonne au fantastique et au surnaturel.”
Anatole Le Braz – La légende la Mort.
Avec son histoire et son passé celtique, la Bretagne est devenue une terre de mythes et de légendes. Nombreux sont les récits, plus fantastiques les uns que les autres, qui ont été écrits sur la forêt de Brocéliande, le domaine des fées et des enchanteurs, de Merlin et de Viviane mais aussi d’esprits malins, où le souvenir des cultes païens mystérieux est encore présent dans la mémoire collective. Dans sa retraite de Châteauneuf-du-Faou, au cœur de l’Argoat, le mystique Paul Sérusier imagine un peuple de fées et de korrigans qui hantent les forêts ancestrales et se livrent à des
pratiques magiques. Dans son tableau représentant une scène d’offrande dans le Bois Sacré, la forme
animalière du rocher et les couleurs de la forêt rendent l’ambiance complètement irréelle.
À mi-chemin de la légende et de l’histoire, Evariste Luminais s’intéresse à la célèbre légende de la ville d’Ys popularisée dans le « Barzaz Breiz » de Hersart de la Villemarqué. Construite par Gradlon, roi de Cornouaille, la ville d’Ys était protégée des eaux par une digue. Dahut, la fille du roi, céda aux avances du diable et lui donna les clefs de la cité qui fut submergée par la mer, Gradlon prit la fuite mais, sur les ordres de Dieu, le roi dût abandonner sa fille pécheresse dans les flots.
Le peintre Yan’Dargent dans les lavandières de la nuit illustre une autre légende célèbre : à la Toussaint, les lavandières lavaient leur
linceul par les nuits sans lune et sans étoiles. Malheur à l’imprudent qui s’aventurait dehors et les rencontrait car elles l’invitaient à les aider ! Il ne pouvait s’y soustraire et bientôt elles tordaient le linge avec tant de force qu’elles lui brisaient les os… Le paysage fantastique est également présent dans l’œuvre du symboliste Georges Lacombe. Le peintre joue avec les éléments naturels comme des rochers à qui il donne des apparences humaines et très étranges sur un fond marin jaune.
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