|
|
|
Intimisme
“Tout est noir au premier abord.
En s’asseyant sur le banc du lit, espèce de bahut, l’œil finit par s’habituer à l’obscurité
alors que les figures s’éclairent par accents,
et tout devient beau dans ce jour mystérieux.”
Eugène Boudin
Bien peu d’artistes ont pu pénétrer l’intimité des foyers et peindre les hommes et les femmes dans leurs gestes quotidiens et l’intimité domestique. Au tout début du XIXe siècle, le Breton Olivier Perrin, fils d’artisans, a consacré une partie de son œuvre à ce sujet : Né et placé au milieu de ce peuple antique et simple, il allait s’asseoir au foyer du paysan, prêtait l’oreille aux récits des vieillards, se mêlait aux joies de la jeunesse ; puis artiste aussi habile qu’observateur profond, il enrichissait son album armoricain des scènes
pittoresques dont il avait été témoin.
Eugène Boudin, grâce à son mariage avec une Bretonne, peut vivre auprès de ses modèles. Les impressions qu’il ressent en visitant les parents de sa femme révèlent son attrait pour les lumières à l’intérieur du foyer. Il écrit à un ami : J’ai honte d’avouer que malgré tout le charme du paysage et des grèves, je n’en ai pas fait une seule étude, tant je suis attiré par les chaumières aux fortes ombres et aux vieux lits. L’artiste évite l’anecdote en se concentrant sur la lumière frappant une femme et son enfant près de la cheminée ou de la fenêtre. On retrouve les mêmes préoccupations dans les œuvres de la Norvégienne Harriet Backer. D’autres peintres d’intérieurs bretons, Alfred Guillou, Jules Breton, Paul Peel et Robert Wylie offrent une image
souvent anecdotique, et idéalisée,
artificielle du monde paysan.
À défaut d’entrer dans l’intimité des Bretons, quelques artistes, en peignant des intérieurs de commerces, témoignent d’un regard original. Cet intérêt pour la vie sociale se retrouve dans l’œuvre d’artistes étrangers comme l’Irlandais William Leech ou bien le Suisse Marius Borgeaud. Ce dernier occupe une place à part dans l’histoire de Rochefort-en-Terre et du Faouët. Dans les années 1920, il immortalise sur des intérieurs de pharmacie, de bistrots et de maisons. Les œuvres de Jean-Émile Laboureur montrant les mêmes types de commerces dans le pays nantais témoignent d’une activité vivante et dynamique à l’inverse du Suisse.
|
|
|