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Foires et marchés
“L’âme bretonne doit peupler un tableau, c’est avant tout le but que doit atteindre un artiste qui fait de la Bretagne un pays d’élection.”
Jean Bertrand Pégot-Ogier
Dès le XIXe siècle, les foires et les marchés retiennent l’attention des artistes car ils sont une source d’inspiration inépuisable. Ces rassemblements offrent toutes les possibilités d’études à l’observateur muni de crayons, fusains et pinceaux. La minutie avec laquelle Jules Trayer décrit le marché aux chiffons de Concarneau permet de découvrir une multitude de détails. Mathurin Méheut et Yvonne Jean-Haffen, séduits par l’animation des marchés, ont
croqué tour à tour des groupes affairés autour des étalages et des animaux ou des personnages
présentant des particularités physiques ou vestimentaires. Pour d’autres, la vie et le grouillement des marchés sont prétextes à des expérimentations sur la couleur. Jean Hélion qui, de 1953 à 1976 passe tous ses étés à Belle-Ile, fait partie de ceux-là. Ce qu’il ressent en assistant au marché dans le port de Le Palais à Belle-Ile témoigne de sa sensibilité des couleurs et des formes :
Les ports étaient particulièrement intéressants, pleins de sardiniers et d’hommes vêtus de jaune qui allaient et venaient et distribuaient des sardines en caisses à des camions qui les emportaient vers des conserveries. Ah ces sardines, autant d’éclairs d’argent des dos bleutés. Les araignées de mer propres à Belle-Ile sont superbes et cocasses (…). À côté, les homards sont superbes, bordés de pinces avec des petits yeux au bout des tentacules, bleus quand ils sont vivants et qui rougissent à l’eau bouillante. Je me suis en ce temps intéressé à tous les poissons qui
aboutissaient là sur les étals, jeux de couleurs, de nageoires, de queues, de bouches ouvertes…
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