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Les campagnes bretonnes
“Seul, à pied, admirant, perdu dans les montagnes, ce pays de vallons, de rivières, de bois, de chapelles sans nombre et de petites croix.”
Auguste Brizeux
Les premiers peintres qui ont parcouru la Bretagne sont des paysagistes à la recherche de nouveaux motifs. Au milieu du siècle, Corot chez ses amis à Mur-de-Bretagne, chez le peintre Camille Bernier ou Boudin dans la région de Quimper puis du Faou peignent la campagne bretonne comme toute autre région. Des artistes, qui en ont assez de la forêt de Fontainebleau et du village de Barbizon, trop
fréquentés, prennent l’habitude de venir en Bretagne, réputée pour sa nature encore peu altérée. Ils séjournent volontiers dans des villages pittoresques comme Le Faouët, Rochefort-en-Terre, Quimperlé ou Pont-Aven où ils peuvent se loger à bon compte. Gauguin et ses amis Henri Moret et Emile Bernard expérimentent la simplification de formes et des
couleurs dans leurs paysages. Le caractère local est peu affirmé, réduit à la tâche blanche d’une collerette ou au ruban rouge d’une coiffe. D’autres peintres préfèrent mettre l’accent sur des scènes pittoresques : des lavandières pour Eugène Boudin, une jeune bergère pour Auguste Renoir ou des
chaumières pour Ernest Guérin. La peinture de Francis Blin montrant les vastes étendues sans aucune présence humaine constitue une exception car les peintres ont généralement préféré des lieux plus idylliques. C’est en découvrant Belle-Ile et en peignant notamment l’intérieur de l’île qu’Henri Matisse aborde un tournant capital dans sa carrière picturale : Je n’avais que des bistres et des terres sur ma palette (…) Je fus séduit par l’éclat de la couleur pure. Je revins de mon voyage avec la passion de la couleur de l’arc-en-ciel.
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