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À l’autre bout
de la Bretagne, Azénor, fille
d’Éven, comte de Léon, et sitôt
mariée au comte de Goëlo, fut si calomniée
par sa marâtre que son époux la crut adultère.
Il la ramena à son père qui, ulcéré,
l’enferma dans la tour précédant l’actuelle,
et la condamna au bûcher. Preuve de son innocence, le
bois refusa de s’enflammer, mais l’affront était
tel qu’on la jetta à la mer, enfermée
dans un tonneau. Protégée par un ange, la jeune
femme erra quelques mois sur les eaux avant d’aborder
en Irlande, où elle donna naissance à un fils,
Budoc. Adulte, il se fit moine, s’embarqua pour la Bretagne
sur une auge de pierre et accosta à Porspoder, d’où
il évangélisa le Bas-Léon. On assure
qu’après des années de prédication,
il fut appelé à Dol et nommé évêque.
Les spectres hantent bien des endroits : une
dame blanche erre dans le parc du château de Trécesson,
en Campénéac, à la suite d’un meutre
atroce. Vers 175O, un braconnier de la forêt de Paimpont
observa de nuit des hommes qui brutalisaient une jeune inconnue
en robe blanche. Elle les suppliait de l’épargner,
ils l’enterrèrent vivante.
Force est d’arrêter un récit qui ne saurait
avoir de fin. À chacun de suivre le chemin de Bretagne,
guidé par la légende, et, l’esprit allégé
des certitudes commodes, d’y découvrir la nature..
Un dernier conseil avant le départ :
à l’approche de tout lieu humide, pire d’une
tourbière, évitez de piétiner “l’herbe
d’oubli”. Aussi fréquente que peu visible,
cette fougère rampante vous égarerait longuement,
à moins de parvenir à retourner sinon sa veste,
du moins les poches. Oui, la féerie nous suit ici comme
une ombre. |
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