Bretagne des grands
et des petits plaisirs gourmands
Immense jardin de 30 000 kilomètres carrés, suspendu
entre ciel et mer, bordé de 3 500 kilomètres de côtes
échancrées, découpées qu’irriguent, veinent et strient
des dizaines de rivières et ruisseaux, baigné dans
les effluves atlantiques d’un climat sous influence
océane tempéré par le Gulf Stream, la Bretagne des
cinq départements (Loire-Atlantique, Morbihan, Finistère,
Côtes d’Armor et Ille et Vilaine) qui expire, à demi
noyée dans l’océan, pourrait servir d’Olympe aux divinités culinaires.
Ces caractères physiques, auxquels il faut
ajouter les 2 000 heures d’ensoleillement annuel,
favorisent les provendes naturelles d’une mer
généreuse et d’une terre peu avare
de ses fruits. La Bretagne océane, l’Armor,
connaît depuis longtemps une vie maritime intense,
favorisée par le contact près de ses
rivages, des eaux tièdes remontant du sud avec
les poissons migrateurs et des eaux froides du nord
propices au développement des espèces
de fond vivant sur la plateforme continentale sous-marine.
Quant à la Bretagne intérieure, l’Argoat,
pays de vieux bocage, elle n’est pas dénuée
d’atouts comme le prouvent l’éventail
de ses élevages et la palette des légumes
de son maraîchage.
Mais un tel pays, aussi généreux soit-il,
ne saurait donner ce qu’il promet sans que les
hommes y mettent leur grain de sel. Les produits de
qualité sont autant l’uvre des hommes
que de la nature. Comme il est vrai qu’il n’y
aurait pas de gastronomes sans cuisiniers talentueux,
s’il y a en Bretagne des producteurs de bons
fruits et légumes, d’excellentes viandes
et volailles et des pêcheurs ramenant les meilleurs
poissons, crustacés et coquillages, c’est
tout simplement parce que habitants et visiteurs de
cette péninsule du bout du monde ont toujours
su les apprécier. C’est la raison du
succès d’une Bretagne dont la gastronomie
n’a plus rien à envier à d’autres
régions françaises réputées
qui aimeraient pouvoir disposer d’autant de
produits de fraîcheur et de qualité
indiscutables à portée de main.