.../...
À l’évidence, si spécifique qu’y
soit l’environ-nement, la Bretagne ce sont d’abord
des hommes. Des actifs des quatre départements dont Didier
Olivré tire le portrait, des «voileux» que
René Tanguy analyse, des îliens qui à Ouessant
posent pour Hermance Triay, des femmes du Pays bigouden dont Michel
Thersiquel garde trace, alors que l’âge les efface.
Ce vivant s’organise en sociétés, en milieux
urbains ou ruraux, en isolats insulaires. Un temps, l’association
Sellit y porta grande attention ; si ses exmembres continuent
ailleurs le travail, on gardera mémoire de Guy Hersant
et de son reportage sur Ouessant. En la matière, demeurent
exemplaires les prises de vue, régulières depuis
1967, de Claude Dityvon au village de Kerascoët, en rade
de Brest, ou bien celles de Jacques Faujour au Pouleis, un hameau
déserté aux contreforts de l’Arrée.
Auprès de ceux qui témoignent des réalités
humaines et de leur rapide évolution, belle place est donnée
à ceux qui interprétent «la matière
bretonne», qu’elle soit séculaire ou non. Ici,
des pierres stylisées par Muriel Bordier, là des
robes de chevaux de trait ou des soies de porcs d’élevage
annoblis par Michèle Le Braz. Sans omettre les talus autour
de Morlaix transformés par Pierre Pitrou, les vagues grises
de François Puyplat. Qui oublierait les extraordinaires
métamorphoses de pommes de terre germées, suivies
des mois durant par Robert Gernot, attentif par ailleurs aux traditions
populaires ?.../...
page 1 - page
3