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Le parc de sculpture de Kerguéhennec, en Morbihan intérieur, constitue la principale originalité de toute la Bretagne contemporaine. La Direction régionale des affaires culturelles développa le projet de 1986 à 1992, en partenariat étroit avec la Délégation aux arts plastiques et la Région Bretagne ; il ne visait rien moins qu’à présenter en plein air un panorama international de la sculpture actuelle sur une propriété récemment acquise par le Département du Morbihan.

L’histoire marquait vallon et coteau : les ambitions de la Compagnie des Indes, les fastes des Rohan, l’insurrection et la chouannerie, le développement d’un vaste ensemble autarcique au XIXe siècle autour d’un château restauré, de prairies et de bois, d’un étang double, d’un parc arboré conçu par les célèbres frères Bühler.

Bref, plus de cent cinquante hectares qui rénovés présentent, sur l’eau, les flotteurs de Marta Pan, les reflets sonores de Max Neuhaus, les fragments de marbre de François Morellet; dans les grands arbres, le marquage de troncs par Ian Hamilton Finlay, un canoé suspendu aux branches par Gilberto Zorio, un «reliquaire» de pierre d’Ulrich Rückriem; sur les pelouses, une grande Mimi de granite par Markus Raetz, un cercle de schiste de Richard Long et bien d’autres encore. Tout au bout de la longue allée cavalière, le groupe des magiques colonnes de bronze d’Étienne Hajdu rappelle l’influence de Carnac ; dans les taillis, un personnage gracile à demi-enraciné par Giuseppe Penone, sur la pente, une ligne de signaux de Takis, et dans la serre transparente, les alignements de faux pots de fleurs peints en rouge vif par Jean-Pierre Raynaud.

Toutes ces œuvres affirment la volonté d’unir l’invention d’origine diverse et un patrimoine naturel ou bâti, afin de définir un nouvel espace qui soit résolument d’aujourd’hui tout en restant typiquement breton. Après une dizaine d’années de stagnation, le parc s’enrichit de nouveau ; en 2003, l’Américain Richard Artschwager installait une pièce insolite. Il faut voir, et revoir selon les saisons, ce vaste domaine, d’autant plus qu’un centre d’art, lieu d’exposition et de recherche, s’est développé dans les anciennes écuries, la bergerie et le château.

Autant dire que l’art présent renouvelle en profondeur un domaine hier moribond, réveille l’agencement du château, anime les dépendances abandonnées. Chaque année, quelque 40 000 visiteurs sont sensibles à cette vie de l’art en plein air ; c’est désormais un must pour le voyageur en Bretagne.

en savoir plus :
http://www.art-kerguehennec.com