>>> La
commande publique
On
le sait bien, la sculpture est, pour une bonne part, tributaire
d’achats officiels. Certains connaissent la commande d’un
mur d’eau passée par le Conseil régional à
Marta Pan en 1984. On sait moins la politique que soutint l’État,
dans les années quatre-vingt, pour l’embellissement
urbain ; les métropoles surtout, Rennes et Brest, en profitèrent.
Découvrir, en parcourant Rennes, une grande peinture murale
d’Hervé Télémaque, Bleu de Matisse
(1985) sur un bâtiment du boulevard de la Liberté,
les interventions de Jean-Yves Brélivet (1997) dans un
quartier sud ou de Robert Milin (1999) à Cleunay, la fontaine
de Claudio Parmiggiani sur la place de Coëtquen (1993), modifie
sinon la pratique du moins la perception de la ville. Et il existe,
dans le tissu rennais, trente autres lieux modifiés par
l’apport des artistes.
À Brest, l’engagement tourna court ; néanmoins,
quelques oeuvres maillent l’espace : les fontaines en granite
poli de Marta Pan au centre de la rue de Siam, les mâts
inoxydables de Marcel Van Thienen à Recouvrance, les toiles
d’Henri Cuéco appliquées au mur extérieur
du centre commercial Coat-ar-Guéven, le signal austère
Calvaire-acier d’Ygael Tumarkin dominant le port de commerce
et, en lisière ouest du tissu urbain, le parc d’Éole
conçu par Nils-Udo sur une ancienne butte militaire, attestant
du premier obstacle au flux océanique. Existe-t-il meilleure
façon que cet art public, pour sensibiliser le plus grand
nombre aux diverses expressions plastiques d’aujourd’hui
?