Zoom sur :
Les fesitvals de BD en 2004
   
 
la bande dessinée

>>> Pour tous les amateurs, la Bretagne paraît une terre privilégiée de bande dessinée ; sa place est presque aussi ancienne que le genre ! On ne dira rien de Bécassine (1905) mais mentionnera, dans les années quarante, l’illustré Ololê des frères Caouissin, où Étienne Le Rallic faisait merveille ; plus encore, les albums de Pierre Péron, Les aventures extraordinaires de Peskett (1937) et Sibirilis (1947) dont la saveur demeure intacte.

Toutefois, le passé compte peu auprès de la richesse actuelle des parutions, la centaine ou plus d’auteurs, célèbres ou non. Il en est ainsi, en raison des paysages variés, de mer ou de bois, de l’histoire et des mythes, des légendes et contes hyperabondants, des microsociétés. Où ailleurs qu’en Armorique, trouver un Pierre Péron pour célébrer en albums le folklore brestois, un Charles Kerivel le quotidien douarneniste, un Pierre Stéphan la rivalité séculaire entre Bigoudens et Glazigs ? S’étonnerait-on de reconnaître en Erquy, l’irréductible village gaulois conçu, en 1959 par Albert Uderzo et René Goscinny, comme base du turbulent Astérix ?

Si le genre fut décrié, longtemps considéré comme «sous-culture», force est de le constater bien plus inventif, plus populaire que le roman ; le récit rythmé, le texte concis, le trait direct, la couleur immédiate l’ont imposé à tous. Pour leur part, les quotidiens régionaux, Ouest France et Le Télégramme, l’ont soutenu, élargissant le lectorat. Salons, festivals, boutiques spécialisées se multi
plient : Quai des bulles à Saint-Malo, Tonnerre de bulles à Brest, Bulles an Oriant à Lorient et Perros-Guirec.

La Bretagne entière s’anime, stimulant la concurrence ; des éditeurs locaux, Édilarge à Rennes ou Jos à Chateaulin, d’autres encore comme les prometteuses éditions AK à Brest et P'tit Louis à Rennes, s’aventurent en ce domaine porteur, bien que Paris et la Belgique continuent à dominer très largement le marché. Si l’on publie par an environ deux mille albums francophones, la place des auteurs bretons, dessinateurs et scénaristes, reste faible quant au nombre ; il en va différemment quant à l’intérêt du propos, à la qualité de la réalisation. Qui sait que le scénario, le texte d’un grand succès de Régis Loisel et Dominique Lidwine, La quête de l’oiseau du temps, sont du Rennais Serge Le Tendre ? que Lidwine vit en Bretagne intérieure, lui dont Le dernier loup d’Oz fut si admiré ? Enfin que, dans sa solitude bigoudène, François Bourgeon s’oriente vers la science-fiction?
.../...

page 2 - page 3